L'Assemblée nationale vénézuélienne a adopté jeudi à l'unanimité en première lecture une loi d'amnistie historique visant à libérer les prisonniers politiques et lever les inéligibilités des opposants. Cette « loi d'amnistie pour la coexistence démocratique » intervient après la capture de l'ancien président Nicolas Maduro par les États-Unis début janvier et couvre 27 ans de pouvoir chaviste.
La présidente par intérim Delcy Rodriguez a qualifié l'événement de très important pour le Venezuela. «Un événement très important s'est produit pour le Venezuela: l'adoption à l'unanimité par toutes les forces politiques présentes à l'Assemblée en première lecture de la loi d'amnistie, qui est une loi pour la paix et la réconciliation nationale», a-t-elle déclaré jeudi soir. La loi doit faire l'objet d'un second débat mardi pour son adoption définitive.
Le texte couvre les charges fréquemment utilisées contre les prisonniers politiques, notamment le « terrorisme », la « trahison » et l'« incitation à la haine ». Depuis début janvier, environ 350 prisonniers politiques ont été libérés, mais près de 700 restent encore incarcérés. La loi pourrait également bénéficier à des figures de l'opposition comme Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix, qui avait été déclarée inéligible à l'élection présidentielle de 2024.
Le député d'opposition Tomas Guanipa a exprimé son enthousiasme lors des débats à l'Assemblée. Le texte «peut ętre le début d'une étape historique. Nous pouvons faire en sorte que le Venezuela entre dans une spirale de reconnaissance mutuelle, de respect, de tolérance, d'accords et où, au final, nous puissions trouver la paix», a-t-il affirmé. Jorge Rodriguez, président de l'Assemblée nationale et frère de la présidente par intérim, a déclaré: «Nous demandons pardon et nous devons aussi pardonner.»
Les limites de l'amnistie
La loi exclut explicitement les « violations graves » des droits humains, les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre, les homicides volontaires, la corruption et le trafic de drogue. Les prisonniers libérés restent soumis à des restrictions strictes.
Angel Godoi, prisonnier politique libéré le 14 janvier, a décrit ses conditions de liberté. «Dans mon cas, je dois me présenter tous les 30 jours (aux autorités), et j'ai en outre l'interdiction de quitter le pays. On nous a fait comprendre (en étant libéré) qu'il ne fallait pas non plus faire de déclarations», a-t-il expliqué. Il a insisté sur la nécessité d'aller plus loin: «Outre la liberté (des détenus politiques), nous avons besoin de libertés politiques, de libertés citoyennes, de tout ce qui touche à la vie de chacun dans le pays, dans le respect des circonstances fixées par la Constitution.»
Alfredo Romero, directeur de l'ONG Foro Penal, a appelé à la vigilance. Il a mis en garde contre le risque qu'un processus de réconciliation «devienne un processus de persécution contre ceux qui détenaient le pouvoir auparavant». «La justice doit prévaloir», a-t-il affirmé. Des familles de prisonniers politiques continuent de camper devant les prisons dans l'attente de la libération de leurs proches.
Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).








