Le Mémorial de la Shoah ouvre ce mardi une exposition consacrée à Simone Veil, grande figure de la République française décédée en 2017 et panthéonisée en 2018. Intitulée "Simone Veil. Mes sœurs et moi", l'exposition dévoile la vie intime de la rescapée d'Auschwitz à travers des lettres personnelles, des photos et des objets familiaux. Le commissaire David Teboul souhaite présenter la femme au-delà de la "figure officielle", en reconstituant l'histoire d'une famille décimée par la Shoah.
L'exposition rassemble des dizaines de lettres et de documents que David Teboul a collectés auprès de la famille Veil après sa mort. Le documentariste explique avoir «eu envie de réunir cette famille». Les échanges épistolaires sont lus par les comédiennes Marina Foïs, qui incarne Simone Veil, Isabelle Huppert, qui pręte sa voix à Madeleine dite "Milou", et Dominique Reymond, qui campe Denise.
Les lettres avant la déportation
Une lettre écrite par Simone Veil à 16 ans à sa sœur Denise, datée du 4 mars 1944, révèle une adolescente cultivée et introspective. «Ce soir je suis bien disposée, il faut en profiter», écrit-elle. Elle y évoque ses lectures multiples : «Je lis je ne sais pas combien de livres à la fois, plus ou moins attrayants d'ailleurs». Elle qualifie notamment "Mein Kampf" d'Hitler d'ouvrage «insipide et mal traduit». Moins d'un mois plus tard, le 30 mars 1944, la Gestapo arręte la famille à Nice.
Le destin tragique de la famille
David Teboul souligne l'ampleur du drame familial : «Cette famille est française, assimilée, mais tous ses membres ont eu à subir les différents camps allemands. Alors quand j'entends que Vichy aurait protégé les Juifs français, ça me met en colère». Le père André Jacob et le frère Jean sont assassinés en Lituanie. La mère Yvonne ne revient pas d'Auschwitz. Seules les trois sœurs survivent aux camps nazis. Milou décède en 1952 dans un accident de voiture.
Denise, la résistante dans l'ombre
L'exposition met en lumière Denise, sœur aînée de Simone Veil et résistante déportée à Ravensbrück. Agent de liaison arrętée à Lyon, elle incarne pour David Teboul une figure méconnue : «Les hommes ont eu longtemps le monopole de l'histoire mais il y a eu beaucoup de femmes engagées au sein des mouvements de la Résistance et Denise en a fait partie». Le commissaire la décrit comme «une femme extraordinaire restée volontairement dans l'ombre».
Entre les deux sœurs régnait un silence lourd. «Il y a eu un silence par rapport à la douleur. Denise était extręmement précautionneuse et ne voulait pas réveiller en Simone la douleur qui était la sienne. Elle n'osait pas poser des questions sur la mort de leur mère», explique David Teboul. Une lettre de Denise à Simone datée du 14 décembre 1987, jamais envoyée, témoigne de cette pudeur : «J'ai toujours pensé que dans ta chair et dans ton âme tes souffrances ont été incomparables avec les miennes». Elle y ajoute : «Nous avons chacune essayé de survivre comme nous avons pu». Denise est décédée en 2013.
Simone Veil, ancienne ministre de la Santé qui porta la légalisation de l'IVG en 1975, reste une icône de la République française. L'exposition révèle la dimension familiale et humaine d'une trajectoire exceptionnelle marquée par la tragédie de la Shoah.
Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).







